suite
Les amandes ainsi récoltées étaient étalées dans la fauchière (Nom provençal donné à la pièce où les amandes étaient étalées pour sécher.) sur une épaisseur de 20 à 30 cm. Cette pièce faisait environ 40 mètres carrés.
Les amandes étaient retournées une ou deux fois puis quand elles étaient sèchent, ils faisaient deux ou trois tas dans un coin de la pièce puis ils attendaient la vente.
Les goves, quand à elles, étaient mises à sécher pour être données aux brebis pendant l’hiver.
Malgré la dureté du travail l’ambiance était festive. Les travailleurs chantaient, riaient. D’ailleurs Marthe et Jean aiment se replonger dans leurs souvenirs et s’accordent à dire que « c’était la bonne époque ».
Un arbre pouvait produire entre 1 et 2 kilos et d’autres pouvaient produire entre 30 et 35 kilos.
Les arbres n’étaient jamais traités. Parfois, mais cela était rare, il y avait un peu des chenilles sur les feuilles.
Certaines amandes étaient noires, on les appelait les « chiches ».
La taille des arbres se faisait tous les trois ans au moment de la cueillette des amandes. Les jeunes pousses qui se trouvaient à l’intérieur de l’arbre était coupées, puis données aux chèvres et aux lapins.
En moyenne, toutes les fermes récoltaient au minimum 5 ou 6 000 kilos d’amandes.
La famille Jaubert récoltait entre 9 et 10 tonnes, comme la famille Angelvin. Certains récoltaient 15 à 20 tonnes.
A la sainte Catherine, soit le 25 novembre, le prix des amandes étaient établi. La vente se faisait soit juste après cette date, soit plus tard, au cas où le prix augmentait.
En général, la vente s’effectuait au mois de mars. Sur la seule commune de Valensole, il y avait 4 négociants.
Pour la petite anecdote :
C’est à l’âge de 14 ans que Marthe rencontra Pierre-Jean, alors âgé de 19 ans, en venant récolter les amandes, pour lui. Ils se marièrent 4 ans plus tard.
Jean rencontra également sa femme Paulette grâce aux amandiers.
Ils étaient âgés respectivement de 23 et 16 ans. Ils se marièrent trois ans plus tard.
Jean nous raconte que dans chaque champ il y avait des amandiers amers. Il gardait toujours quelques unes de ces amandes dans sa poche. Quand Paulette lui demandait de lui casser une amande, Jean prenait discrètement une amande amère de sa poche et la lui donner. Evidemment, le goût amer la dégoutait. Depuis, elle s’amuse à dire qu’il ne l’a pas pris par la douceur !
